(Source : Ministère du Travail et des Solidarités)
Le rattachement des fleuristes à la branche « Vente et Services des Animaux familiers » surprend souvent. Pourtant, ce regroupement résulte d'une longue histoire professionnelle et des réformes engagées pour renforcer le dialogue social. Décryptage.
En France, une branche professionnelle est un regroupement d'entreprises appartenant à un même secteur d'activité et couvertes par une même convention collective. Les branches servent notamment à négocier les règles sociales applicables aux salariés (salaires minima, classifications, formation professionnelle, prévoyance, etc.).
Ainsi les fleuristes font partie de la branche des « Fleuristes, Vente et Services des Animaux familiers » (IDCC 1978).
Reconnaissance d'une branche professionnelle
Une branche est généralement reconnue lorsqu'elle :
- dispose d'une convention collective ou d'accords collectifs de branche ;
- est représentée par des organisations patronales et syndicales reconnues ;
- est identifiée par le ministère du Travail comme un champ de négociation collective autonome.
Depuis plusieurs années, l'État mène une politique de restructuration visant à réduire le nombre de branches pour renforcer leur poids économique et social.
Nombre de branches en France
Le nombre a fortement diminué :
- En 2015 : plus de 700 branches étaient recensées.
- Après plusieurs vagues de fusion : environ 170 branches professionnelles subsistaient en 2024-2025.
L'objectif fixé par les pouvoirs publics était de parvenir à un paysage composé d'environ 150 à 200 branches suffisamment représentatives.
Exemples de branches professionnelles
- Métallurgie
- Bâtiment et travaux publics
- Commerce de détail et de gros
- Hôtellerie-restauration
- Banque
- Assurance
À quoi sert une branche ?
Elle permet notamment :
- de négocier les conventions collectives ;
- de fixer des minima salariaux par métier ;
- d'organiser la formation professionnelle ;
- de définir les classifications et parcours professionnels ;
- de représenter les intérêts du secteur auprès des pouvoirs publics.
Pourquoi les fleuristes sont regroupés avec les animaux familiers ?
Les fleuristes sont regroupés avec les animaux familiers dans une même convention collective pour des raisons historiques et de structuration du dialogue social, pas parce que les métiers sont proches.
Il existe en effet la convention collective nationale intitulée :
Convention collective nationale des fleuristes, de la vente et des services des animaux familiers
Cette branche couvre notamment :
- les fleuristes et magasins de fleurs ;
- les jardineries lorsqu'elles vendent des végétaux et accessoires ;
- les animaleries ;
- certains services liés aux animaux de compagnie.
Pourquoi ce regroupement ?
Plusieurs facteurs l'expliquent :
- Des entreprises de petite taille
- Les fleuristes comme les animaleries sont majoritairement des TPE ou PME.
- Elles rencontrent souvent des problématiques sociales similaires : polyvalence des salariés, horaires commerciaux, saisonnalité de l'activité, faible effectif.
- Une proximité dans les circuits commerciaux
- Historiquement, certaines jardineries et commerces spécialisés vendaient à la fois végétaux, fleurs, accessoires de jardin et animaux familiers.
- Les organisations patronales du secteur se sont parfois développées ensemble.
- La rationalisation des branches
- Depuis les années 2010, l'État encourage la fusion des petites branches professionnelles afin de réduire leur nombre.
- Des secteurs différents mais de taille modeste ont donc été regroupés pour constituer une branche plus représentative et capable de négocier efficacement.
Cela signifie-t-il que les métiers sont identiques ?
Non. Les métiers restent très différents :
- un fleuriste exerce dans l'art floral et la vente de végétaux ;
- un vendeur en animalerie travaille avec des animaux de compagnie et leurs produits.
En revanche, ils partagent les mêmes règles conventionnelles générales (classification, salaires minima, formation, etc.), avec parfois des dispositions spécifiques selon l'activité.
C'est un peu le même phénomène que certaines conventions collectives qui regroupent plusieurs commerces spécialisés différents parce qu'ils ont une structure économique comparable plutôt qu'un métier identique.
