(Source : Le Figaro étudiant, 29 janv. 2026)
L'association de l'Or dans les Mains
Grâce à l’association De l’Or dans les mains, les collégiens découvrent la richesse et la noblesse des métiers manuels à travers des ateliers immersifs et concrets.
Sécateur en main, Koulé, 12 ans, contemple fièrement sa création florale : un centre de table mêlant roses, gerberas et eucalyptus. « Le mien est trop beau ! », s’exclame-t-elle, les yeux brillants. Autour d’elle, huit camarades, tabliers bleu marine noués à la taille, travaillent avec application. Guidés par Émilie, fleuriste professionnelle et enseignante à l’École Nationale des Fleuristes (ENF), ils apprennent les gestes précis du métier : « Coupez les tiges en biais, les fleurs vivront plus longtemps. »
Ce mardi 20 janvier, tous les élèves de 5e du collège Fabien, à Saint-Denis, participent à une initiation proposée par De l’Or dans les mains, une association engagée dans la revalorisation des métiers manuels en milieu scolaire. Dans ce collège classé en éducation prioritaire, l’atelier devient bien plus qu’une simple activité : c’est une porte ouverte sur des possibles.
« Les métiers manuels font du bien au corps et à la tête », lance Émilie . Elle a choisi de transmettre sa passion sur le terrain : « L’artisanat est encore trop méconnu à l’école. Mon objectif, c’est de montrer qu’il peut être un vrai choix d’avenir. »
Avec ses journées de découverte, l’association ambitionne de planter une première graine. En 2025-2026, près de 5 000 élèves auront ainsi été initiés à différents métiers. « Commencer dès la 5e est essentiel », explique Clara Fruchon, responsable de l’association. « Si un élève accroche, il a le temps de se renseigner, de mûrir son projet, et d’envisager sereinement une orientation en CAP ou en bac professionnel après la 3e. »
Cette action est particulièrement précieuse dans les collèges de REP, où les familles manquent parfois d’informations sur les filières professionnelles. « Beaucoup d’élèves choisissent encore la formation la plus proche géographiquement plutôt que celle qui leur correspond vraiment », regrette Claudia Pieroche, proviseure du collège Fabien. De l’Or dans les mains agit donc comme un révélateur de talents et un outil d’égalité des chances.
Pour les artisans et les entreprises qui peinent à recruter, l’enjeu est aussi de susciter des vocations. « On devrait faire ça plus souvent », glissent certains élèves à la fin de l’atelier, fiers de leurs réalisations.
Créée en 2021, l’association est en pleine expansion. Présente aujourd’hui dans six régions, elle ambitionne de couvrir l’ensemble du territoire et d’aller plus loin dans ses actions. « Nous voulons dépasser la simple découverte et favoriser une vraie transmission de savoirs », annonce Clara Fruchon. Parmi les pistes envisagées : la mise en place de binômes artisans-élèves, pour renforcer l’apprentissage et créer un lien durable avec le monde professionnel.
Avec De l’Or dans les mains, les métiers manuels retrouvent leur juste place : celle de métiers d’avenir, porteurs de sens, de savoir-faire… et de fierté.
