(Source : Valhor, Info économie, mars 2026 – Décryptage Brand Wagenaar)
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient perturbent l’approvisionnement mondial en matières premières, avec des répercussions directes sur la filière horticole. Fleuristes et grossistes doivent désormais composer avec des livraisons plus irrégulières, des coûts en hausse et une visibilité limitée sur les marchés. Anticipation, diversification des fournisseurs et ajustement des prix deviennent indispensables pour maintenir l’activité et protéger les marges.
Flambée des coûts énergétiques : les producteurs de fleurs sous serre sous pression
La hausse vertigineuse des coûts de l’énergie frappe de plein fouet les producteurs de fleurs cultivées sous serre, pour qui le chauffage peut représenter jusqu’à 40 % des charges. À l’approche du printemps, maintenir des températures adéquates devient un casse-tête : la consommation d’énergie s’envole, les marges se réduisent et la trésorerie est mise à rude épreuve.
Face à cette situation, les professionnels multiplient les ajustements : réduction des températures, investissements dans des solutions plus économes… mais la transmission de ces coûts supplémentaires aux consommateurs reste difficile, tant ces derniers sont sensibles aux prix. Le secteur doit donc jongler entre préservation de la qualité, maîtrise des dépenses et attentes du marché.
Conflit au Moyen-Orient : pression sur le marché mondial des engrais
Les tensions géopolitiques mettent sous pression le marché mondial des engrais, dont la production dépend fortement du gaz naturel bon marché. Les perturbations dans des zones stratégiques, comme le détroit d’Ormuz, risquent de provoquer une hausse des prix et des difficultés d’approvisionnement.
Les coûts logistiques des substrats, représentant près de 50 % du prix final, augmentent également en raison du renchérissement du fret maritime et routier. Cette conjoncture complexe affecte l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement au moment où la demande des agriculteurs atteint son pic, accentuant les risques de pénurie et de hausse des prix.
Le secteur surveille de près la situation, qui souligne la vulnérabilité des marchés agricoles face aux tensions géopolitiques et aux fluctuations des matières premières essentielles.
Fleurs importées : la chaîne d’approvisionnement fragilisée
Les fleuristes français pourraient bientôt ressentir les effets d’une hausse significative des coûts logistiques pour les fleurs coupées importées. Avec près de 85 % des fleurs vendues en France provenant de l’étranger, principalement du Kenya, leur acheminement – transitant souvent par le Moyen-Orient et les Pays-Bas avant d’arriver sur nos étals – est directement impacté par la situation internationale.
Les tensions au Moyen-Orient entraînent une augmentation des prix du pétrole et du gaz, ce qui pèse sur la logistique aérienne et routière, ainsi que sur le maintien de la chaîne du froid, essentielle pour garantir la fraîcheur des fleurs. Ces perturbations risquent d’affecter la disponibilité des fleurs coupées lors des périodes de forte demande, comme la fête des Mères en Europe, et pourraient se traduire par des prix plus élevés pour les professionnels et les consommateurs.
Dans ce contexte, la demande des clients pourrait se contracter, fragilisée par la conjoncture économique. Les producteurs, déjà sous pression, absorberont une partie de la hausse des coûts, mais la filière est à la limite de son élasticité financière.
Pour les fleuristes, la concertation avec l’ensemble de la chaîne – producteurs, importateurs et distributeurs – devient cruciale pour anticiper et traverser cette période d’incertitude. Adapter les approvisionnements, diversifier les origines des fleurs et informer la clientèle sur les prix et la disponibilité seront des leviers clés pour maintenir la qualité du service et la satisfaction des clients.
