(Source : Questionnaire O. Henno, Rapporteur à l’Union Nationale des Fleuristes. – Newsletter UNF, 2 juin 2026)
Dans le cadre de l’examen du projet de loi visant à sécuriser les conditions de recours au travail salarié le 1er mai dans les secteurs de la boulangerie-pâtisserie artisanale et de la fleuristerie, M. Olivier Henno, rapporteur, a souhaité recueillir les observations et propositions des organisations professionnelles représentatives.
Le questionnaire avait pour objet d’éclairer les travaux parlementaires sur les réalités économiques, sociales et juridiques de ces activités, ainsi que sur les modalités d’application du dispositif envisagé. Il s’adressait aux organisations représentatives des secteurs concernés afin de recueillir leur analyse du droit existant, leur appréciation du projet de loi et leurs recommandations éventuelles en vue de son amélioration.
Les réponses apportées contribueront à l’évaluation des enjeux liés à l’encadrement du travail salarié le 1er mai, dans le respect des traditions professionnelles, de la protection des salariés et de la sécurité juridique des entreprises concernées.
L’Union Nationale des Fleuristes soutient une évolution législative ciblée permettant aux fleuristes professionnels d’employer des salariés le 1er mai dans un cadre strictement encadré.
Ce que demande l’UNF
L’UNF ne souhaite pas remettre en cause le caractère férié et chômé du 1er mai. Elle demande uniquement une sécurisation juridique pour les fleuristes dont l’activité principale est la vente au détail de fleurs et végétaux.
Cette demande repose sur la spécificité du 1er mai :
- la vente de muguet constitue une tradition nationale ;
- le muguet est un produit vivant et périssable ;
- l’essentiel de la demande est concentré sur une seule journée.
Les garanties proposées
L’UNF estime que le dispositif doit reposer sur trois conditions obligatoires :
- volontariat du salarié ;
- accord écrit préalable ;
- rémunération doublée conformément aux règles du 1er mai.
Le refus du salarié ne pourrait entraîner ni sanction ni discrimination.
Constat sur le 1er mai 2026
L’UNF souligne que plusieurs fleuristes ont fait l’objet de contrôles administratifs, révélant une forte insécurité juridique pour la profession.
Les fleuristes concernés avaient pourtant :
- déclaré leurs salariés ;
- recueilli leur accord de volontariat ;
- appliqué la rémunération légale majorée.
Aucune condamnation définitive n’est connue à ce jour.
Position sur le projet de loi
L’UNF est favorable à un texte limité aux artisans fleuristes et boulangers-pâtissiers.
En revanche, elle s’oppose à l’obligation préalable de conclure un accord de branche. Selon elle, cette condition risque de bloquer totalement l’application de la loi, alors même qu’un cadre protecteur existe déjà dans la convention collective.
L’UNF demande que la loi fixe directement les règles essentielles sans attendre un accord de branche.
Qui serait concerné ?
L’UNF souhaite réserver la dérogation aux seuls fleuristes professionnels :
- activité principale de fleuriste ;
- entreprise déclarée ;
- appartenance effective au secteur fleuriste.
Seraient exclus :
- les grandes surfaces ;
- les commerces généralistes ;
- les jardineries dont l’activité principale n’est pas la fleuristerie ;
- les vendeurs occasionnels ;
- les grossistes ;
- les activités ne relevant pas réellement du secteur fleuriste.
Pourquoi cette évolution est jugée nécessaire ?
Selon l’UNF :
- le 1er mai représente un événement exceptionnel pour la profession ;
- empêcher l’emploi de salariés déclarés ne réduit pas la demande mais favorise les ventes informelles ;
- le dispositif proposé protège les salariés grâce au volontariat, à l’accord écrit et au doublement de la rémunération ;
- il ne crée aucune ouverture au travail généralisé le 1er mai.
Message principal de l’UNF
L’UNF demande une dérogation strictement limitée aux fleuristes professionnels pour la vente de muguet et de fleurs naturelles le 1er mai, avec :
- maintien du caractère férié de la journée ;
- salariés volontaires ;
- accord écrit ;
- rémunération doublée ;
- exclusion de la grande distribution et des commerces non spécialisés.
L’objectif est de sécuriser juridiquement une pratique traditionnelle tout en garantissant les droits des salariés.
